la plaine de la Beauce :

que vais-je en faire?

[Diplôme de paysagiste dplg]
 par Mylène Duhail

2011

en… Eure et Loir [28]  
pour… exploitation agricole  
sur… 3000 ha

 

maquette de la Beauce en 2030 // tissus

La Beauce est dépendante des subventions de la PAC (politique agricole commune). Ces subventions évoluent et tendent à ne plus être liées au rendement et à la production mais au service que les agriculteurs rendent à la société en prenant soin de l’environnement et du paysage. or en Beauce, l’environnement a été dégradé par les encouragements de la PAC à toujours produire plus. 30 ans plus tard, les conséquences sont bien présentes : tous les villages n’ont pas une eau potable, ce qui contraint leur potentiel d’agrandissement, les sols sont stériles, la biodiversité a disparu et l’image de la Beauce n’est pas des plus accueillantes. Après la disparition totale d’une considération pour le paysage et l’environnement, comment faire pour que ceux-ci retrouvent un intérêt auprès des agriculteurs beaucerons?

Impact d’une loi sur le paysage     :     Se saisir de la PAC pour une mise en espace

Ma recherche de problématique découle d’un postulat : la formation de paysagiste existe depuis plus de quarante ans, en France. Quarante ans que les paysagistes interviennent essentiellement en ville, sur l’espace public, ce qui représente 40% du territoire français. Quid des 60% restants que sont les terres agricoles? D’autant plus qu’il s’agit d’espace privé. Peut-on faire un projet de paysage sur un espace agricole où résident peu d’habitants hormis les agriculteurs? Donc un projet ni sur l’espace public, ni pour le plus grand nombre, ni en sachant où trouver les moyens financiers? Est-ce possible? Et quel peut être le positionnement du paysagiste  face aux problématiques liées à l‘espace agricole? Un espace agricole qui est maîtrisé, contrôlé par la Politique Agricole Commune (PAC), cette politique d’après-guerre mise en place pour rendre l’Europe autonome en production alimentaire et rendre plus performante l’agriculture. Cette politique s’est longtemps traduite par des aides via des subventions liées à la production. Or depuis 2003, cette politique a évolué : les notions d’environnement et de paysage sont apparues dans ses textes. Les agriculteurs doivent désormais répondre à une triple fonction : producteur d’aliment et de matières premières, gestionnaire de l’environnement et du paysage, et enfin, aménageurs.

haie de thuyas plantée en Beauce pour répondre à la PAC // Si tous les goûts sont dans la nature, il est regrettable que tant de gens aient des goûts de même nature// André Dumont

le projet

A l'échelle du paysage, une haie de 100m de large

Après avoir décrypté les nouvelles orientations de la PAC en matière d’environnement et de paysage pour en faire une application par l’absurde sur le site de projet, le challenge fut de partager une représentation de ce paysage de la Beauce si peu reconnu afin de mettre en avant son esthétique, ses qualités spatiales, ses figures de paysage : son identité. Un des objectifs fut de démontrer comment les subventions -liées à l’environnement et au paysage- ainsi que les espaces qui en découlent, aujourd’hui considérés comme des délaissés (ce que la rampe n’irrigue pas), doivent être perçus comme des espaces de production et donc bénéficier d’une vraie place dans le paysage. Un travail d’adaptation et de remise à l’échelle des figures de paysage existantes ainsi que la prise en compte de la pratique agricole a été permis suite à un travail de positionnement sur ce que sera l’agriculture en Beauce en 2030. 

Ce diplôme a été l’occasion de montrer qu’il y a un vrai projet de paysage à mettre en place sur l’espace agricole, afin que la PAC ne vienne pas uniformiser le paysage agricole. Un projet de paysage, certes bâti avec des outils élémentaires et rigides mais en lien avec le paysage. L’objectif a été de montrer comment la proposition de projet de paysage ne résulte pas purement et simplement d’opportunités juridiques et techniques imposées ou suggérées par les évolutions législatives récentes, mais aussi, dans leur dimensionnement, dans le choix judicieux de leur disposition dans l’espace, de leur composition autour et à travers les champs. J’ai tenté de construire un paysage de qualité, c’est-à-dire à la fois agréable à l’échelle du passant et de l’usager, et attaché aux structures profondes, élémentaires du grand paysage, héritées de sa géographie et de son histoire. Avec le souci de la mesure, continuellement rappelée par la taille moyenne d’une exploitation, la taille d’un hectare, la taille d’un terrain de foot…afin que le lecteur puisse s’emparer et comprendre la démesure beauceronne. 

 Voir l’autre diplôme

 

Romain Goiset

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