chausser l’après ski : quel avenir pour les pistes?

[diplôme de paysagiste dplg]
 par Romain Goiset

2011

en… Savoie [73]  
pour… station de sports d’hiver  
sur… 100 ha

 

 

croquis de terrain // avril 2011

Une question. Celle du devenir des stations de sport d’hiver dans un contexte de réchauffement climatique. Une image. Celle d’un paysage montagnard strié par un réseau de pistes de ski. Vulnérabilité climatique. Il est avéré aujourd’hui que les changements du climat global ont déjà et auront des conséquences sur les activités humaines et sur les paysages. En Europe, les chaînes de montagne et spécialement les massifs de moyenne montagne de l’arc alpin sont parmi les territoires les plus exposés aux aléas du climat. Le secteur du tourisme y est en pleine mutation. Il doit s’adapter, anticiper. Conjointement, l’imaginaire et les pratiques de ce milieu évoluent. Le paysage montagnard n’est plus le même. Les impacts sur les activités socio-économiques affecteront non seulement les sociétés de moyenne montagne mais aussi indirectement leurs vallées.

les traces générées par les pistes de ski témoignent d’un artifice sur le socle massif de la montagne. elles verront leur usage principal s’amenuir avec le temps. un héritage spatial désormais disponible…

A l’opposé des stations alpines qui se sont développées après lui, le Revard, station de Savoie, a su se préserver des schémas de développement urbanistique intensif. Il peut aujourd’hui se reposer sur la qualité de son paysage et sur sa spécificité historique et géographique : aux portes des bassins chambériens et aixois, mais également en limite des Bauges. La synergie entre ville et plateau n’est pourtant pas si évidente. Le Revard est à la fois l’arrière-pays de la métropole savoyarde et l’avant poste des « Bauges Devant ». Cet entre-deux se traduit par un nœud administratif complexe où les attentes et intérêts divergent. L’implication notable de la ville d’Aix-les-Bains sur le Revard (historique, administrative, foncière) est pourtant l’expression d’un intérêt culturel et affectif pour le sommet qui la domine. La raréfaction et l’irrégularité de l’enneigement de cette station de moyenne montagne couplée à l’évolution des pratiques touristiques permet aussi de replacer le Revard comme un site de loisirs urbains, espace récréatif de proximité, dans une dynamique d’anticipation. Cela sous entend une prise de position par rapport à un paysage local, modelé pour une activité qui tend à devenir obsolète. A l’instar des pistes de ski alpin, les « traces » générés par les sports d’hiver offrent des espaces désormais disponibles pour d’autres pratiques. Les principes de nature, d’alpage et de santé qui connotent historiquement le site inciteraient effectivement à miser sur des options d’aménagements basés sur la marche et la récréation.

Comment dans ce contexte reconsidérer, s’approprier et arpenter ces « traces », héritage spatial de l’activité ski en perte de vitesse ?

coupe et plan de situation // diagnostic

le projet

coupe // projet

Et si le Revard était un parc dessiné par le tracé de ses pistes, et plus largement par toutes ses empreintes anthropiques … Ces traces (ski, agriculture, urbanisation…) sont l’héritage de la conquête de l’homme sur la montagne, et construisent déjà un paysage singulier au Revard. Extension montagnarde de la ville d’Aix-les-Bains, ce domaine en perte de vitesse peut désormais prétendre à redevenir un territoire viable où sera requestionnée la notion d’espace public dans ce cadre pittoresque qui se suffit a priori à lui-même, celui du paysage de montagne.

L’intention principale de ce projet consiste alors à considérer le tracé des pistes comme un maillage remarquable et praticable quelle que soit la saison. Ce maillage constitue des liaisons entre diverses situations (creux, col, crête) révélées par les gares d’arrivées et de départs des remontées mécaniques. Espaces de dispersion et de convergence, ils distribuent des chemins le long des pistes qui s’adressent tant à l’agriculteur qu’au gestionnaire ou au randonneur. Les indicateurs topographiques de l’aménagement des pistes qui sont le talus et la rigole constituent les marqueurs du processus de la fonte des neiges. Ces deux éléments préfigurent la mutation de ce territoire et deviennent alors des outils de projet. Le travail des lisières et les propositions de gestions des espaces hors-pistes permettent non seulement de faire exister et de donner de l’épaisseur à ces chemins et mais aussi de redynamiser la station. Le maillage s’intègre alors dans le grand détour du GR voisin autorisant ainsi une nouvelle opportunité de randonnée et marque l’insertion d’un nouveau parc dans son territoire.

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Mylène Duhail

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